Comment assimiler une grande quantité d’informations rapidement, et réussir à maintenir un haut niveau de motivation, pour obtenir des résultats efficacement ?
J’ai toujours aimé apprendre depuis petite. J’ai grandi seule, entourée d’internet et de magazines de sciences. Très autodidacte, je me suis formée dans de nombreux domaines, sans jamais avoir lu un seul livre de productivité. J’ai aussi créé une plateforme du même nom que cet article : Ultralearning.fr, qui tente de référencer plusieurs briques de connaissances.
La clé ? Elle vient à la base d’un réel goût pour l’apprentissage, mais aussi d’une obsession pour l’efficacité. Je préfère m’organiser minutieusement en amont, de manière à gagner un temps monstre pendant la réalisation de mon plan. Vous aurez beaucoup + de temps pour faire autre chose ensuite, et ça devient un cercle vertueux. Satisfait de vos réalisations, vous continuerez d’aller encore et toujours plus loin.
Pourquoi aimer apprendre est essentiel ?
Apprendre est satisfaisant et procure un réel sentiment d’accomplissement. Lorsque vous apprenez dans un domaine, cela peut vous resservir ailleurs. Vous pouvez alors donner naissance à encore + de connexions, lorsque vous accueillerez une nouvelle information. Les crossovers entre différentes disciplines sont intéressants. L’un de mes préférés, c’est celui entre sciences et religions par exemple.
Chaque savoir se multiplie en arrière-plan, sans que vous ne vous en rendiez forcément compte. Des connaissances d’un domaine X vous resserviront de manière inattendue à mieux saisir un concept Y. Chaque nouvelle idée assimilée devient une marche supplémentaire, vous élevant un peu plus.
Voici quelques exemples de mes sessions d’ultralearning. Le but était de réussir à assimiler une grande quantité de concepts, sur un laps de temps relativement court :
- Code de la route : 5 fautes en 5 jours
- Certification Microsoft : Data Analyst en une semaine
- DSCG : un master d’expertise-comptable, assimilé entièrement en candidat libre, en 3 mois
Voici les 3 points clés que je développerai à travers cet article. Ceux-ci apparaissent dans l’ordre chronologique de l’apprentissage. Ces conseils sont non-exhaustifs et découlent uniquement de mon expérience personnelle. N’hésitez pas à contribuer avec la vôtre.
- Étape 1 – Etablir une stratégie d’apprentissage :
Quoi apprendre, quand et comment? LE PLUS IMPORTANT !! - Étape 2 – Se mettre au travail : comment créer de la motivation ?
Réussir à ne pas procrastiner, se mettre dans un environnement propice au focus. - Étape 3 – Retenir sur le long-terme en exploitant vos différentes mémoires.
Etape 1 – Établir un plan d’apprentissage

L’année dernière, j’ai perdu une semaine, soit 20% de mon temps imparti, parce que je n’avais pas prévu de plan. J’ai passé la première semaine à commencer quelques trucs, mais dans le fond j’avais pas vraiment avancé… A partir de la deuxième semaine, j’ai tout minutieusement placé de manière à ne plus pouvoir m’échapper : et j’ai finalement réussi à atteindre mes objectifs !
Travailler sans plan est le meilleur moyen de ne pas avoir d’objectif à court-terme, et laisse donc libre cours à la procrastination. Etablir un plan précis et efficace est donc l’étape la plus importante du processus. Créez votre propre stratégie.
- Ce que vous faites doit être pertinent par rapport à votre objectif. Très banal, mais important de le rappeler. Êtes-vous réellement certain que ce chemin est celui qui vous permettra d’atteindre votre objectif ? Avant de vous lancer corps et âme dans un projet, assurez vous que tous ces efforts produiront bien les effets escomptés – autrement dit, que le moyen soit bien pertinent par rapport au résultat.
- Trouvez les connaissances. Quel que soit le domaine que vous voulez apprendre, vous trouverez une quantité incroyable d’informations sur internet. Pour aborder un sujet et comprendre ses enjeux globaux, YouTube est une excellente porte d’entrée. Il existe de nombreux vulgarisateurs sur chaque sujet. Ensuite, vous pourrez vous diriger vers des ouvrages plus spécialisés ou demander des ressources à votre réseau personnel. Et si vous ne connaissez personne…
- Les réseaux sociaux sont une mine d’or. Twitter pour la veille et le networking. Discord pour la communauté. Reddit pour les questions-réponses. Dans la majorité des disciplines, vous trouverez du contenu gratuit. N’allez pas payer des formations payantes alors que c’est disponible gratuitement ! Rentrez en contact avec des connaisseurs. Fouillez tous les réseaux pour trouver des ressources. Enfin, autre réseau social souvent oublié mais très utile : Facebook. Les groupes ont l’avantage d’avoir énormément de membres actifs, contrairement à ce que vous pouvez penser. Par exemple pour mon DSCG, il existe un groupe de 30k membres sur Facebook, où dès que je posais une question, j’avais la réponse dans les dizaines de minutes qui suivaient. Maintenant que vous avez toutes les ressources, assurez-vous de…
- Bien comprendre le schéma global : Ma tante dit que notre cerveau apprend par tiroir. Il faut comprendre le schéma général, avant d’ouvrir un nouveau tiroir. Pour cela ayez une bonne vision d’ensemble. N’hésitez pas à passer plus de temps au début pour prendre de la hauteur, cela vous fera réellement gagner du temps pour la suite. Cette étape s’appelle le metalearning. Pour mieux schématiser les liens et tout poser à plat, vous pouvez utiliser une carte heuristique, un tableur Excel ou encore Notion. Les cartes heuristiques, aussi appelées mindmap sont simples à utiliser car elles sont neuro-ergonomiques : elles représentent le chemin neuronal que votre cerveau va utiliser pour aller chercher une information. Science Etonnante a fait une vidéo tutoriel pour vous apprendre à les utiliser.
- Identifiez les points cruciaux = et donc aussi les points qui méritent moins votre attention. C’est la fameuse loi de Pareto. Ceci est très important, surtout dans le cadre d’un examen, car il faut accorder plus de temps à l’essentiel. Concrètement, faites une petite analyse statistique sur Excel pour voir ce qui tombe souvent, s’il n’y en a pas une déjà existante. Notez le nombre de pages = représentatif du volume à absorber. Et regardez quels sont les parties à fort ratio (points / temps d’assimilation), tombant de manière récurrente. Ce sont ces parties là que vous devez absolument maîtriser. Exemple : mon but étant d’atteindre une note au moins égale à 10, je n’avais pas besoin de tout apprendre. J’apprenais en profondeur les chapitres qui tombaient souvent et avaient un fort ratio points / temps d’assimilation. Les autres, je ne les ai pas lus, ni même ouverts ! Bilan : j’ai eu une meilleure note en 100 h de travail toute seule, que mes camarades qui ont passé 3 fois plus de temps en suivant tous les cours ET en révisant de leur côté.
- Tip étudiant – Maîtrisez ces parties importantes, ou bien celles que vous appréciez + que ce qui est attendu, pour combler vos lacunes dans les autres parties. Par exemple, pour l’épreuve de droit, boss final du DSCG, je n’aimais que le droit des obligations, car je trouvais qu’il était très logique. Pour cette partie, je connaissais les numéros et articles du Code Civil par coeur, et même les évolutions historiques avec les dates des arrêts de cassation. Cela n’est absolument pas exigé au DSCG, mais ces petits plus et faits historiques que je rajoutais dans ma copie, pouvaient servir à compenser mon niveau médiocre en droit de la concurrence par exemple. J’avais réellement pris du plaisir à étudier le droit des obligations. N’hésitez pas à approfondir les parties que vous aimez, cela sera toujours récompensé !
- Identifiez vos difficultés. On en a naturellement, il faut mettre l’accent là où on a du mal. Ça sera les parties sur lesquelles on devra travailler. Ne pas oublier : toujours bien consolider les bases, avant de zoomer au niveau le plus fin. Si vous ne comprenez pas un point, lisez un autre ouvrage, cherchez quelqu’un pour vous l’expliquer, bref multipliez les angles d’approche, jusqu’à ce que ça soit clair.
- Prévoyez toutes vos périodes de travail avec des objectifs réalisables, précis et datés. « Réviser le droit des obligations », c’est trop vaste pour pouvoir être vérifiable ou atteignable à la fin d’une journée. A partir de quand considérez-vous que vous auriez accompli cet objectif ? A la place, « Terminer le chapitre 2 mardi 03/12 », c’est beaucoup plus concret. Sans objectifs plus petits, plus précis, vous ne créez aucun sentiment d’urgence sur le court-terme, et vous procrastinez plus facilement. Cadrer précisément vos périodes de travail est indispensable, surtout si vous avez une une deadline courte.
- N’oubliez pas de prévoir également vos périodes de pause. Chaque personne a sa propre limite de productivité. Voici la mienne : sur une semaine intense, il me faut minimum deux demi-journées de pause. Ça peut être un mardi matin et un dimanche aprem par exemple. Prévoyez une pause pour souffler en période d’Ultralearning. En effet, les pauses font partie intégrante du processus d’assimilation. Il faut que les informations tournent comme une tâche de fond dans votre cerveau. C’est ce qu’on appelle le diffuse mode en opposition au focus mode. Le diffuse mode, vous l’avez sûrement déjà expérimenté : c’est grâce à lui qu’on a parfois des éclairs de génie dans notre lit.
- Prenez conscience de vos périodes pics de productivité, afin de bien découper votre journée. On ne parle plus d’un planning sur un mois, mais d’un planning sur une journée ici. Certaines personnes sont plus productives le matin, d’autres le soir : on appelle cela le chronotype. Faites ce qui est le plus optimal pour vous. Si vous arrivez à focus plus facilement le matin, profitez-en pour fixer vos périodes d’assimilation le matin.
- A titre d’exemple, voici mon découpage personnel de la journée si cela peut vous guider. Le matin – nouvelle journée : mon cerveau est tout frais, j’en profite pour assimiler de nouveaux concepts. Le midi, je prends une grande pause – 2h mini : je fais 1h de sport, je me lave et je vais manger. L’aprem, je digère, donc je peux surtout pas lire un texte sinon je m’endors haha. Bref, c’est ce moment que je choisis, pour pouvoir faire des cas pratiques : il faut que mon cerveau soit stimulé. Et pour enfoncer le clou, je fais des exos sur des notions que j’ai assimilées la veille. Ca me permet de directement vérifier à J+1 ce que j’ai retenu.
- Le bon mindset : n’oubliez pas le sens de ce que vous faites. Travailler pour travailler est inutile sans intérêt personnel derrière, et je dirais même sans une once de passion. Enfin, je déteste dire ça parce que fait tellement bâteau : mais croyez-en vous ! Beaucoup de personnes m’ont dit que ce que je tentais était impossible : que ce soit un inconnu sur Twitter, ou encore un manager au bureau. Cela ne m’a pas découragée, bien au contraire : ça a été mon moteur, et au final, j’ai réussi. Vous n’avez pas idée du potentiel de votre cerveau si vous l’exploitez correctement. Organisez-vous bien et vous serez surpris de vous-même.
Etape 2 – Se mettre au travail & créer de la motivation

Maintenant que votre plan est établi et bien structuré, il va falloir le mettre en œuvre, ce qui est totalement différent. C’est bien beau d’écrire des objectifs, encore faut-il avoir la force de s’y tenir… Après tout, nous n’avons de compte à rendre à personne, si nous ne tenons pas nos propres engagements, n’est-ce pas ? Le but ici va être de réussir à se motiver, et d’établir un contrat avec soi-même, visant à créer artificiellement cet engagement.
- Utilisez la visualisation, imaginez votre future vie de roi. Ne perdez pas de vue le sens de votre objectif. Restez toujours focalisés sur le résultat à atteindre. Cette session d’effort n’est qu’un moyen. Si vous voulez vraiment y arriver, rêvez les yeux grands ouverts. C’est un conditionnement par l’imaginaire. Quelques threads de chefs ici et là. La visualisation est un rêve que vous vous racontez à vous-même, mais vous pouvez également parler de ce rêve à vos proches. Beaucoup disent qu’il faut « faire ses projets en secret », mais personnellement, je trouve qu’en parler rend le projet plus réel, plus concret. Il m’engage quelque part aux yeux des autres, et je n’ai donc plus le droit d’échouer : il faut que je réussisse.
- Créez un sentiment d’urgence via une procrastination volontaire et calculée. Attention ce tip est dangereux, c’est un pari risqué mais qui fonctionne très bien sur moi, car j’adore les challenges. Il nécessite également de bien connaître ses capacités d’assimilation. Il consiste tout simplement à absolument ne rien faire, et tout donner au dernier moment ! Par exemple je me suis donné comme challenge d’assimiler un an de master en 3 semaines. Pour que ce sentiment d’urgence soit très fort, j’ai volontairement rien fait pendant 11 mois (en gros, j’ai kiffé ma vie haha), pour ensuite tout donner 1 mois avant le début des épreuves.
- The 5-minute rule. Il existe un brain hack qui consiste à se dire « je m’y mets seulement 5 min ». Le plus dur étant le commencement, dites-vous que vous n’allez travailler que 5 minutes. Lancez ensuite un minuteur de 5 minutes, et mettez-vous directement au travail. Lorsque le minuteur sonnera, vous déciderez de si vous voulez continuer ou non. Vous l’aurez compris : il y a de grandes chances pour que vous continuez votre tâche.
- Rentrez en mode flow. Perseus le décrit comme « un état dans lequel nous sommes tellement immergés dans un sentiment de concentration sur la tâche à accomplir que tout le reste s’efface. » C’est le genre de moment qu’on a quand on joue du piano par exemple. Il faut vraiment essayer de viser cet état de flow lors de vos sessions Ultralearning.
- Soyez dans un endroit propice au focus. Allez dans des endroits calmes et payants de temps en temps, si vous pouvez vous le permettre. Eh oui, payer 7 € pour une boisson ou une pâtisserie, ça vous oblige à BIEN travailler une demi-journée, car sinon vous auriez payé l’emplacement pour rien ! Payer engendre un engagement de réalisation envers vous-mêmes. Si vous êtes en région parisienne, il y a un mec qui vous présente tous les meilleurs endroits où vous poser pour travailler : Paul Barboosa.
- Éliminez vos sources de distraction. Mettez impérativement votre téléphone en mode avion, les stimuli permanents nous empêchent de nous concentrer. Des pensées parasites surviennent en moyenne toutes les 40 secondes. Pour ne pas se disperser, il existe un moyen de tromper votre cerveau : lui donner une tâche annexe qui va occuper la partie de vous qui divague trop. Vous remplacez donc vos pensées divergentes par un geste mécanique en arrière-plan. On a déjà tous fait ça machinalement : faire tourner un stylo, jouer avec une boule de papier ou un capuchon… Sachez qu’il existe des objets prévus à cet effet, habituellement prescrits aux gens qui ont des TDAH. On les appelle fidgets : ceux-ci peuvent vous aider à focus sans vous éparpiller.
- Éloignez-vous des personnes toxiques, pour vous focaliser sur vous en période Ultralearning, sans être envahi par des contraintes émotionnelles. N’ayez pas peur de refuser de leur apporter de l’attention. C’est vous qui comptez à ce moment et si ces personnes ne sont pas capables de le comprendre, alors elles ne vous veulent pas réellement du bien. Vous ne vivez pas pour les autres, mais pour vous. Si vous souhaitez accomplir vos objectifs, vous avez besoin de moments de focus. N’importe quelle personne saine est censée le comprendre.
- Trouvez un partenaire. Juste une personne peut vous suffire. N’hésitez pas à partager votre avancée et vos interrogations avec quelqu’un qui est confronté au même challenge que vous. Ensembles, on avance plus vite.
- Créez vos propres récompenses. Qui de mieux que vous pour savoir ce qui vous fait du bien ? Offrez-vous un cadeau. Quelque chose que j’avais commencé à mettre en place pour me motiver financièrement, c’était de mettre de l’argent de côté à chaque accomplissement, comme 20 € par chapitre assimilé. Quand j’avais appris tous les chapitres, je me retrouvais avec 600 € que j’avais durement mérité. C’était un cadeau de moi du passé à moi du futur. J’avais gagné le droit de faire ce que je voulais de cette somme.
- Joignez l’utile à l’agréable. Dans la continuité du point précédent, il faut rendre cette tâche pénible la plus attrayante possible. Le travail et le mérite ne découlent pas de la souffrance. Essayez de kiffer le plus possible ce que vous faites. Par exemple, je me suis acheté le combo iPad / Pencil, pour pouvoir travailler de manière très nomade. Terminé ordi + cahier + classeur + trousse, TOUT dans la tablette ! Cela a grandement facilité ma période Ultralearning. Travailler était devenu nettement plus agréable, et beaucoup plus pratique. Je prenais même du plaisir à faire mes fiches.
Etape 3 – Comment durablement retenir des informations ?

Après avoir réussi à vous mettre au travail, et à effectuer quelques sessions de travail, les premières étapes d’ancrage sont en place. L’objectif maintenant va être de retenir sur le long-terme ce que vous avez appris : de passer du stade de la compréhension à celui de la mémorisation. Ces méthodes ne sont malheureusement pas enseignées à l’école, alors qu’il existe des centaines d’études sur le sujet.
Si vous pensez que la réussite scolaire est un talent ou une capacité innée : vous avez tort. Les capacités ne sont pas figées et dépendent de l’investissement que vous y mettrez. La façon dont vous allez apprendre va avoir un impact énorme. Vous avez beaucoup plus d’impact sur votre scolarité que vous ne le pensez.
Cela nécessite évidemment de ne pas être passif dans votre apprentissage. Les méthodes efficaces, reposantes et faciles n’existent pas. Seulement surligner et relire est la méthode la moins efficace pour apprendre. Il s’agit d’une méthode passive : on lit et on se dit « ok, ça c’est bon je sais ». A la place, il faut réactiver l’information en faisant de la récupération. Le but ici est de répéter la procédure d’encodage, de la mémoire court terme vers la mémoire long terme.
Saviez-vous que l’apprentissage passe par 3 phases ? La mémorisation, la compréhension, puis la résolution de problèmes. Ces capacités se maîtrisent les unes sur les autres, et ce n’est qu’une fois ce processus accompli, que le stade de créativité devient possible. La créativité intellectuelle n’est que le résultat de l’interconnexion entre des concepts adjacents. Pour associer des tâches nouvelles, il faut déjà disposer d’un socle. Alors comment bâtir un socle solide ? Voyons comment construire ces lego de connaissance.
PHASE 1 – LA MEMORISATION
- Pour mémoriser, pratiquer la répétition espacée. Ça ne sert à rien de lire 100 fois d’affilée. Il vaut mieux travailler 6 fois 1 heure, que 6 heures d’un coup. La fameuse courbe d’Ebingghaus indique le taux de rétention d’une information en fonction du temps qui passe. Si on ne réactive pas le sujet, on va devoir tout réapprendre. L’acte de réviser avant l’oubli complet va renforcer le chemin neuronal et permettre la récupération. L’oubli sera encore plus lent. Il faut surtout l’espacer, au lieu de ne rien faire. Idéalement, la première réactivation est le lendemain. La deuxième 2 ou 3 jours après, puis la seconde la semaine suivante, et enfin la dernière, le mois d’après. Les plus disciplinés créeront des calendriers de réactivation. Il faut donc créer des points d’ancrage fréquents au sein d’une période d’ultralearning. Concrètement, je vais toujours relire le matin ce que j’ai appris la veille. Fixez-vous des points relecture à J+1 et J+7. Utilisez des flash cards si vous avez le temps d’en faire. Ce sont des cartes question / réponse. C’est pas mal pour retenir des définitions, des dates ou des formules par exemple.
- Diversifier les sujets. Il vaut mieux mélanger les sujets en petites sessions, plutôt que les faire tout l’un ou tout l’autre. Exemple : Droit des obligations lundi, droit des sociétés mardi, etc. En mélangeant on crée plus d’amorces de récupération et on facilite le fait de mémoriser les bonnes infos au bon moment. Ça aide à distinguer les problèmes, ce qui est important ou non.
- Diversifier les modes d’apprentissage et exploiter ses différentes mémoires. Beaucoup de gens pensent avoir un style de prédilection, être plus visuel qu’auditif par exemple. Toutes les études scientifiques tendent à prouver que c’est faux. C’est une simple préférence mais ce n’est pas plus efficace. En réalité, il faut multiplier les modes : on parle de multimodalité. Vous avez différentes mémoires, alors utilisez-les pour varier l’apprentissage. Exemple : chapitre 1 auditif, chapitre 2 fiches. C’est moins ennuyant et plus stimulant d’apprendre de différentes manières.
PHASE 2 – LA COMPREHENSION
Comprendre signifie maîtriser les concepts, savoir comment les différentes connaissances s’articulent entre elles. Pour tester votre compréhension sur un sujet, il existe plusieurs méthodes :
Ne vous bercez pas d’illusions avec des méthodes rassurantes et inefficaces. Vous perdrez du temps, et vos résultats ne seront pas meilleurs. Si vous souhaitez travailler sur votre restitution de connaissances, et tester votre niveau de compréhension, faites plutôt…
- La restitution libre : repartez carrément d’une feuille blanche, et voyez ce que vous pouvez restituer à partir de rien. On apprend mieux en faisant sortir les données de notre cerveau, qu’en tentant de les y faire rentrer. Réfléchissez aux concepts clés et aux sens que vous pouvez leur donner. Plus vous irez chercher loin, et plus l’ancrage sera fort. Ressortir des informations permet une meilleure assimilation car elle vous oblige à faire des liens entre différents concepts. C’est en forçant votre mémoire à parcourir les mêmes chemins neuronaux que vous retiendrez ce que vous voudrez. On appelle cela l‘apprentissage génératif ou constructif. Pour vous approprier une idée, il va falloir y mettre du vôtre pour pouvoir l’interpréter, c’est-à-dire, la structurer d’une manière qui aie du sens pour vous.
- Le prof imaginaire : considérez qu’un sujet est acquis si vous êtes capable de le réexpliquer et de l’enseigner à quelqu’un d’autre. Jouez au prof imaginaire avec vos proches, en faisant semblant de l’expliquer à un enfant de 8 ans.
- Les questions-réponses : posez vous 5 questions sur le sujet, et essayez d’y répondre pour voir où se situent les limites de votre compréhension.
PHASE 3 – LA RESOLUTION DE PROBLEMES
La résolution de problèmes désigne la capacité à mobiliser la mémorisation (étape 1) et la compréhension (étape 2). Elle fait passer du savoir au savoir-faire.
On a tendance à se tester seulement quand on en a besoin, pendant l’exam, alors qu’il faut plutôt prendre l’habitude de s’auto-tester pour apprendre. Voyez le fait de se tester comme partie intégrante de la mémorisation. Soyez donc actifs dans votre apprentissage : pratiquez et testez-vous régulièrement.
En deadline courte, il faut arrêter avec la théorie, place à la pratique ! Pour les épreuves de droit et de comptabilité du DSCG, j’avais commencé à ouvrir des manuels puis j’ai réalisé qu’ils me faisaient perdre un temps fou… A la place, j’ai fait et refait pleins de cas pratiques, jusqu’à les maîtriser parfaitement. Je comprenais la théorie par la pratique, c’était 10 fois plus rapide que lire 20 pages. Comme j’essayais de vraiment comprendre la logique derrière, j’ai fini par maîtriser chaque sujet. L’autre bonus – une pierre, deux coups : vous êtes directement prêts pour savoir ce qui est attendu à l’exam. A force de voir la même question dans 5 cas pratiques différents, vous comprenez qu’il s’agit d’un point important, et donc, vous l’apprenez sur le bout des doigts. Vous l’aurez compris : s’exercer à l’examen final est le meilleur moyen pour apprendre.
En fait, on apprend par l’erreur. Se tromper est normal et indispensable pour apprendre. Cela déclenche une reconfiguration des réseaux neuronaux au moment où on se rend compte que l’on s’est trompés. Le cerveau pour apprendre a besoin de savoir se corriger. Pour apprendre très vite le Code de la Route, j’ai noté une à une toutes mes erreurs, que j’ai regroupées ensuite par catégorie. En 5 jours, je faisais moins de 5 fautes.
Des études ont montré que c’était lors des examens que les étudiants progressaient le plus. Lorsque l’on compare mémorisation VS mémorisation + test, on observe que la deuxième solution donne de meilleurs résultats. Quand on se teste, on se rend compte qu’on ne sait pas, alors qu’en se contentant de relire, on a l’impression que l’on sait. Plus précisément, dans le premier cas, on fait appel à la mémoire de travail, et peu de données s’encodent dans la mémoire long terme.
Une autre compétence intéressante à développer est la metacognition. Il s’agit d’une capacité à réfléchir sur vos propres processus cognitifs, à prendre du recul sur vous-mêmes. Si vous vous intéressez au fonctionnement cognitif de l’apprentissage, je vous renvoie vers :
- Science Etonnante qui explique comment l’apprentissage fonctionne
- Arte, sur l’usage du cerveau
- Idriss Aberkane nous parle de neuroergonomie.
- Ali Abdaal qui montre les méthodes pour apprendre, d’après les études scientifiques
Voilà, c’est la fin de cet article, qui se démarque particulièrement des autres, car il n’invite pas à la réflexion mais agit comme un petit guide d’astuces pour apprendre plus efficacement. Cet article est souvent mis à jour. Je vous conseille de le garder quelque part, de revenir dessus de temps en temps, si vous avez une baisse de motivation ou de rigueur. Une première lecture ne suffira pas à bien mettre en place ces habitudes.
N’hésitez pas à m’envoyer des conseils, partager votre expérience personnelle, ou toute autre ressource utile. On est là pour progresser tous ensembles. Force à vous et à vos projets. On se retrouve au sommet dans 10 ans !